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Barème kilométrique 2026 : calcul, plafonds et déclaration
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Économies & Budget

Barème kilométrique 2026 : calcul, plafonds et déclaration

CTA Business Travel12 mai 202612 min de lecture

Le barème kilométrique publié chaque année par l'administration fiscale (article 6 B du Code général des impôts) reste l'outil de référence pour rembourser les déplacements professionnels effectués par un salarié avec son véhicule personnel. Pour les directions financières, sa maîtrise conditionne à la fois la conformité URSSAF, la déductibilité fiscale et la fluidité du traitement des notes de frais.

L'édition 2026 conserve la structure historique du barème (3 colonnes selon le kilométrage parcouru sur l'année) mais affine la prise en compte de la majoration véhicule électrique et s'inscrit désormais dans un écosystème où coexistent indemnités kilométriques, forfait mobilités durables et carte logée corporate. Ce guide synthétise ce qu'un DAF, un Travel Manager ou un service paie doit savoir pour piloter sereinement les remboursements en 2026.

Qu'est-ce que le barème kilométrique ?

Le barème kilométrique est un tableau publié annuellement par l'administration fiscale française qui détermine le montant maximal qu'un employeur peut rembourser à un salarié utilisant son véhicule personnel pour des déplacements professionnels, sans charges sociales ni fiscales. Il couvre :

  • l'amortissement du véhicule (dépréciation, usure) ;
  • les frais d'entretien et de réparation ;
  • les dépenses de pneumatiques ;
  • la consommation de carburant ;
  • la prime d'assurance obligatoire.

Sont exclus du barème (et donc remboursables en plus, sur justificatifs) : les frais de péage, de parking, et les intérêts d'un emprunt automobile.

L'utilisation du barème kilométrique constitue une option par défaut pour le salarié et l'employeur. À noter : un salarié peut aussi opter pour la déduction des frais réels en déclaration de revenus s'il dispose des justificatifs détaillés.

Tableaux du barème kilométrique 2026

Le barème distingue 3 tranches selon le kilométrage annuel et 7 colonnes selon la puissance fiscale du véhicule (en chevaux fiscaux, CV).

Voitures (tarif standard)

Pour les véhicules essence, diesel ou hybrides non rechargeables :

PuissanceJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinsd × 0,529(d × 0,316) + 1 065d × 0,370
4 CVd × 0,606(d × 0,340) + 1 330d × 0,407
5 CVd × 0,636(d × 0,357) + 1 395d × 0,427
6 CVd × 0,665(d × 0,374) + 1 457d × 0,447
7 CV et plusd × 0,697(d × 0,394) + 1 515d × 0,470

d = distance parcourue à titre professionnel (en km) sur l'année civile.

Majoration véhicule électrique (+20 %)

Pour les véhicules 100 % électriques, le montant calculé selon le tableau ci-dessus est majoré de 20 %. Cette bonification, introduite en 2021 et confirmée pour 2026, vise à soutenir la transition énergétique des flottes individuelles. Exemple : un salarié parcourant 12 000 km professionnels avec un véhicule électrique de 4 CV bénéficiera de ((12 000 × 0,340) + 1 330) × 1,20.

Deux-roues (motos)

Pour les motos et scooters > 50 cm³ :

PuissanceJusqu'à 3 000 kmDe 3 001 à 6 000 kmAu-delà de 6 000 km
1 ou 2 CVd × 0,395(d × 0,099) + 891d × 0,247
3, 4, 5 CVd × 0,468(d × 0,082) + 1 158d × 0,275
Plus de 5 CVd × 0,606(d × 0,079) + 1 583d × 0,343

Cyclomoteurs ≤ 50 cm³

Jusqu'à 3 000 kmDe 3 001 à 6 000 kmAu-delà de 6 000 km
d × 0,315(d × 0,079) + 711d × 0,198

Méthode de calcul pas à pas

Le calcul s'effectue toujours sur l'année civile complète et nécessite trois informations : la puissance fiscale du véhicule, la distance professionnelle annuelle parcourue, et l'éventuelle majoration électrique. Le calcul se fait ainsi :

  1. Identifier la puissance fiscale du véhicule sur la carte grise (case P.6 — exprimée en CV).
  2. Totaliser le kilométrage professionnel parcouru sur l'année (relevé mensuel recommandé, voir section justificatifs).
  3. Repérer la tranche applicable : ≤ 5 000 km, 5 001-20 000 km ou > 20 000 km.
  4. Appliquer la formule correspondante au croisement puissance / tranche.
  5. Majorer de 20 % si véhicule électrique.

Exemple chiffré

Un commercial parcourt 18 000 km professionnels en 2026 avec une Peugeot 308 de 6 CV (essence).

  • Tranche : 5 001 à 20 000 km
  • Formule : (d × 0,374) + 1 457
  • Calcul : (18 000 × 0,374) + 1 457 = 6 732 + 1 457 = 8 189 € de remboursement annuel.

S'il s'agissait d'une 308 électrique 4 CV :

  • Calcul de base : (18 000 × 0,340) + 1 330 = 7 450 €
  • Majoration 20 % : 7 450 × 1,20 = 8 940 €

Plafonds URSSAF et fiscalité

Côté URSSAF

L'indemnité kilométrique calculée selon le barème fiscal est exonérée de cotisations sociales dans la limite du barème publié par l'administration fiscale. Au-delà, l'excédent est réintégré dans l'assiette des cotisations et imposable comme un complément de salaire.

À noter : le barème URSSAF (utilisé par l'employeur) et le barème de l'impôt sur le revenu (utilisé par le salarié pour la déclaration en frais réels) sont identiques depuis l'harmonisation de 2019. Cela simplifie le traitement par les services paie et facilite les contrôles croisés.

Plafond de puissance fiscale : 7 CV

Le barème est plafonné à 7 CV, même si le véhicule du salarié est plus puissant. Concrètement, un salarié roulant dans un véhicule de 9 CV ne pourra prétendre qu'au remboursement correspondant à 7 CV. Ce plafonnement, introduit en 2013, vise à éviter le subventionnement implicite de véhicules haut de gamme à fort impact environnemental.

Plafond annuel pratique

Sans plafond légal explicite, dans la pratique l'administration considère un seuil au-delà duquel la prise en charge devient suspecte (cumul indemnités kilométriques + autres avantages mobilité). Une politique voyage interne doit donc cadrer le kilométrage maximum remboursable par catégorie de poste.

Justificatifs obligatoires

L'employeur doit pouvoir produire, en cas de contrôle URSSAF ou fiscal, les justificatifs prouvant la réalité du déplacement professionnel et la propriété (ou la location longue durée) du véhicule par le salarié. Sont attendus :

  • la carte grise au nom du salarié (ou de son conjoint en cas de mariage/PACS, ou copie du contrat LLD/LOA) ;
  • un relevé détaillé des déplacements : date, motif professionnel, point de départ, destination, kilométrage ;
  • une attestation sur l'honneur du salarié quant à la réalité des trajets ;
  • la preuve d'assurance professionnelle ou couverture déplacements pro.

L'avènement de la dématérialisation des notes de frais facilite cette tenue de registre : l'application mobile du collaborateur enregistre automatiquement les trajets via géolocalisation et alimente le rapport mensuel transmis à la paie. La loi de finances 2026 sur les justificatifs numériques confirme la valeur probante de ces archives électroniques.

Articulation avec les autres dispositifs

Vs forfait mobilités durables

Le forfait mobilités durables (FMD) — applicable au vélo, covoiturage, autopartage électrique et transports publics non abonnement — peut se cumuler avec les indemnités kilométriques classiques, mais uniquement si les trajets concernent des modes de transport différents. Un salarié qui prend sa voiture pour aller chez un client puis son vélo pour rentrer chez lui peut cumuler les deux dispositifs sur la journée, dans la limite globale d'exonération de 800 €/an (cumul FMD + indemnités kilométriques).

Vs véhicule de fonction

L'arbitrage voiture de fonction vs indemnités kilométriques dépend principalement du kilométrage annuel et du profil fiscal du salarié. Pour un cadre parcourant plus de 25 000 km professionnels par an, le véhicule de fonction reste souvent plus avantageux pour l'entreprise comme pour le salarié, malgré l'avantage en nature soumis à cotisations. Pour les profils en deçà, le barème kilométrique est plus économique.

Vs carte logée

Pour les frais annexes (carburant, péages, parkings), une carte logée corporate permet d'éviter les avances de frais salariés et de centraliser la facturation. Elle peut coexister avec un remboursement au kilométrique pour les véhicules personnels, en distinguant clairement les postes (le barème couvre déjà le carburant).

Déclaration et traitement paie

Côté entreprise, l'indemnité kilométrique apparaît sur le bulletin de paie en « frais professionnels » ou « indemnités forfaitaires », ligne non soumise à cotisations. Le traitement comptable s'effectue via un compte 625100 « voyages et déplacements » ou 625600 « missions et réceptions » selon le plan comptable de l'entreprise.

Côté salarié, en cas d'option pour la déduction des frais réels en déclaration de revenus (formulaire 2042) :

  1. Renoncer à l'abattement forfaitaire de 10 %.
  2. Reporter le montant calculé au barème dans la rubrique « frais réels ».
  3. Conserver tous les justificatifs pendant 3 ans (délai de prescription fiscale).

Pour les notes de frais des dirigeants et cadres voyageant fréquemment, un dispositif mixte est souvent retenu : indemnités kilométriques pour les courts trajets entre sites, prise en charge directe par l'entreprise (carte logée + agence) pour les missions longues. Notre dossier frais de déplacement professionnel : guide complet détaille les différents postes éligibles.

Optimisation et bonnes pratiques DAF

Quelques recommandations pour les directions financières en 2026 :

  • Centraliser le suivi des déplacements dans un outil unique (SBT couplé à une application mobile collaborateur) pour éviter les doubles déclarations entre note de frais et indemnités kilométriques.
  • Croiser les données mobilité avec votre reporting carbone scope 3.6 : les kilomètres déclarés au barème alimentent automatiquement le calcul des émissions ISO 14083:2023.
  • Encourager la mobilité douce sur les trajets courts (< 50 km) via le FMD, plus avantageux à la fois pour l'entreprise et le bilan carbone — voir notre comparatif train grande distance vs avion court-courrier.
  • Plafonner par catégorie de poste dans la politique voyage : un commercial terrain n'a pas les mêmes besoins qu'un cadre sédentaire. La politique voyage PME doit décrire ces seuils.
  • Auditer annuellement les remboursements kilométriques (anomalies, écarts, suspicion fraude) — voir notre méthodologie d'audit des dépenses voyage.
  • Anticiper le contrôle URSSAF en archivant les relevés mensuels de kilométrage par salarié pendant au moins 3 ans.

Quand passer à une gestion centralisée des déplacements ?

Au-delà d'un certain volume — typiquement 20 000 € annuels de frais de déplacement ou plus de 5 collaborateurs voyageurs réguliers — la gestion du barème kilométrique au cas par cas devient lourde et expose à des risques d'écart. Le recours à une agence de voyage d'affaires (TMC) permet alors de :

CTA Business Travel, TMC indépendante basée à Toulouse depuis plus de 30 ans, accompagne PME, ETI et grands comptes dans la mise en place de ces dispositifs. Notre plateforme CTA Business Connect intègre nativement la gestion des indemnités kilométriques, la dématérialisation des justificatifs et le calcul automatique des émissions CO₂.

FAQ

Questions fréquentes

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